Troc et survie. Les Grecs sont doublement sanctionnés. La vie sociale a lieu dans les rues. Le fait de ne plus pouvoir sortir pour rencontrer des gens dans les cafés devient une véritable affaire d’État. Les salaires ont été divisés par deux. Mais les loyers, le prix des matières premières, n'ont pas baissé. Panagiotis Grigoriou cite en exemple le cas d'un ami journaliste. « Un ami journaliste qui est resté au chômage durant deux ans a enfin trouvé du travail. Avant la crise, il touchait un salaire de 1900 euros net après 25 ans d'expérience dans le journalisme. Cette fois, il travaille pour 900 euros net par mois pour le même travail. Seulement, le coût des frais n'a pas baissé. Depuis deux mois, il n'est plus payé par son entreprise de presse, tout comme ses collègues. Il doit à 52 ans demander de l'argent à sa famille ou à ses amis. Il en a marre. Cette situation de non paiement des salaires sur plusieurs mois est devenue très fréquente en Grèce et touche tous les secteurs». La société est fragmentée. 70 % des gens sont dans cette situation précaire. Le journaliste doit prendre une avocate pour demander son salaire à son entreprise mais il ne peut pas payer l'avocate, alors une amie médecin a proposé de soigner gratuitement l'avocate contre son service. C'est le système du troc qui s'est mis en place en Grèce à tous les niveaux de la société. « La société est défragmentée. La société se stabilise dans le mauvais sens. Les salaires très bas et le chômage coincé à 30 % de la population active officielle et à 60 % chez les jeunes donne l'impression d'une société stabilisée. Maintenant, des gens acceptent même des emplois payés à 200 euros par mois !»

Augmentation des suicides et des maladies. En Grèce, le taux de suicide a augmenté de 40 % en un an. Martin McKee, chercheur en hygiène et spécialiste des maladies tropicales, explique dans le magazine The Lancet que la situation du chômage n'explique pas à lui tout seul la résurgence de maladies disparues. « La population doit croire en son pays et avoir l'espoir d'un avenir meilleur. La population doit sentir que l'Etat est là pour les aider», raconte McKee. La Malaria, la fièvre dengue et la fièvre du Nil ont fait leur apparition. « Ces maladies sont là en raison du manque de moyens sanitaires de l’État. »

 Réfugiés syriens et africains. Les Grecs sont ulcérés d'apprendre dans la presse que Bruxelles, via Berlin, a décidé de faire venir 30 000 à 200 000 réfugiés syriens et d'Afrique sur l'île de Lesbos. A Lesbos, la situation sanitaire est déjà critique, tout comme la situation financière. L'incompréhension est totale et surtout, la révolte commence à montrer son nez dans la population qui doit déjà subir les pressions économiques et voir de nouveau une délégation de députés allemands venir en Grèce comme à Lesbos pour décider de l'avenir du Pays. Stephan Meyer (CDU), Gunter Baumann (CSU), Rüdiger Veit (SPD), Daniela Kolbe (SPD) et Joseh Philip Winkler (Verts), sont venus avec Ulla Jelkpe, députée allemande du parti des Linke qui n'arrête pas de promouvoir l'immigration en Europe depuis 2010 et qui dénonce les contrôles aux frontières, en repérage sur l'île de Lesbos pour la création de centres d'accueil pour immigrés afin de les protéger contre l'Aube dorée. Pour Panagiotis Grigoriou, ça va imploser. Avec les accords européens, ces réfugiés politiques peuvent demander l'asile politique et ensuite voyager librement dans toute l'Union européenne et bénéficier de soins gratuits. En plus Athènes, vient de décider de construire une grande mosquée en la finançant à hauteur de 964 000 euros. 
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